L'une de ces personnes négligentes qui ne sent point de zélé ni de ferveur dans la prière, objectera peut-être ces paroles du Sauveur: « Quiconque me dira : Seigneur, Seigneur, n'entrera pas pour cela dans le Royaume des cieux ; mais celui qui accomplit la volonté de mon Père qui est au Ciel.» (Mat.7,21)
Si je prétendais qu'il suffit à notre salut de la prière, c'est à bon droit qu'on m'opposerait ces paroles : comme je reconnais seulement dans la prière la source de tous les biens, le fondement et la racine de toute vie vertueuse, que l'on n'aille plus se servir de ces paroles pour se justifier de sa négligence. Ni la chasteté seule et privée des autres biens ne saurait nous sauver, ni le soin des pauvres, ni la bonté, ni toute autre vertu; il faut que toutes ces choses concourent dans nos âmes.
Or, c'est la prière qui leur sert de fondement et de principe. De même que la solidité d'un vaisseau et d'un édifice dépend de la solidité des parties inférieures, ainsi notre vie reçoit sa consistance de la prière : sans la prière, rien de bon, rien d'utile au salut ne nous arriverait.C'est pourquoi Paul ne cesse de nous y exhorter avec instance : « Persévérez dans la prière, nous dit-il, passez vos veilles à prier et à rendre grâces - Priez sans relâche, dit-il ailleurs et rendez grâces en toutes choses car telle est la volonté de Dieu - Priez en tout temps et en esprit, ajoute-t-il encore. Veillez pour cela et persévérez dans la prière»
C'est par ces pressantes et divines paroles que le chef des apôtres nous appelle à la prière. Puis donc que nous sommes ses disciples, ne cessons pendant notre vie de prier et d'arroser continuellement nos âmes de ces eaux rafraichissantes.
Car la priére ne nous est pas moins indispensable à nous, hommes, que les eaux ne le sont aux arbres. Ni les arbres ne peuvent produire du fruit s'ils ne s'abreuvent par les racines, ni nous-mêmes ne pourrons produire les fruits précieux de la piété en dehors des eaux de la prière. St. Jean Chrysostome
"Faisons la comparaison suivante: Supposons que vous ayez été transplanté au soleil et uni à lui. Le soleil éclaire la terre entière de ses rayons, il éclaire chaque particule de la terre. Dans ces rayons vous voyez aussi la terre, mais vous êtes si petit par rapport au soleil, que vous constituez, pour ainsi dire, un seul rayon, et il y a un nombre infini de ces rayons. Par son identité avec le soleil ce rayon fait intimement partie de l’illumination du monde entier par le soleil. Il en est ainsi de l'âme sainte qui après avoir été unie à Dieu, comme à son soleil spirituel, voit, par l'intermédiaire de ce soleil spirituel, qui éclaire tout l'univers, tous les hommes et les besoins de ceux qui prient.
Les saints de Dieu vivent même après la mort. Ainsi, j'entends souvent à l'église l’hymne de la Mère de Dieu chantant, dans la maison de sa cousine Elisabeth, après l'Annonciation de l'Archange, son merveilleux Magnificat qui pénètre jusqu’au fond de l’âme. Parfois, j'entends le cantique de Moïse, le cantique de Zacharie, le père du Précurseur, celui d'Hannah, la mère du prophète Samuel, celui des trois enfants dans la fournaise, et celui de Miriam. Et combien de saints chantres du Nouveau Testament ravissent jusqu’à ce jour les oreilles de toute l'Église de Dieu! Et les offices divins eux-mêmes, les mystères et les rites ? De qui l'esprit est-il là, émouvant et touchant nos cœurs? C'est celui de Dieu et de Ses saints. Voici une preuve pour vous de l'immortalité de l'âme des hommes. Comment se fait-il que tous ces hommes sont morts, et que pourtant ils guident notre vie après leur mort - ils sont morts et ils parlent encore, nous instruisent et nous touchent ?" Saint Jean de Kronstadt
"Je vais vous dire quelque chose, mais ne vous méprenez pas, je ne diminue en rien la valeur de votre règle de prière quotidienne ni vos lectures des textes sacrés. Mais je vous laisse absolument libre, soit de les maintenir inchangés, soit de les modifier selon les besoins et les grâces de Dieu en vue de l'illumination. Toutefois, il ne faut pas oublier que l'amour du prochain est le premier objectif pour ceux qui luttent spirituellement.
« Si quelqu'un dit : J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur ; car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ? » (I Jean 4, 20) . Et il n'est pas nécessaire de quitter votre maison pour rencontrer votre prochain. Votre mari est votre prochain. Votre mère est votre prochain. Ainsi en est-il de vos enfants."
Chacun de nous doit avoir l’amour d’une mère : même si ses enfants sont révoltés, elle les aime tous.
Comprenez bien que c’est la mère qui est le ciment de la famille, pas le père. Aussi longtemps que la mère vit, la famille reste unie. Mais si la mère meurt, le père est incapable de garder la famille unie.
Pourquoi cela ? Parce que l’amour d’une mère est tel qu’elle ne connaît pas de jalousie ou d’humiliation : elle fait tout, étant mue par l’amour. Parce qu’elle assume toutes les faiblesses de ses enfants, toutes leurs perversions, elle devient comme un ciment, comprenez-vous ? Ici chacun de nous doit être comme une mère. La seule solution découle de la phrase du Christ : « Si vous vous aimez les uns les autres, on saura que vous êtes mes disciples » (cf. Jean 13, 35).
Tâchez de ne pas accuser qui que ce soit, mais de prier pour autrui. Une fois j’avais dit à mon Père spirituel, l’Archimandrite Kyrik : « Mon esprit est enclin à juger les autres ». Il me répondit : « Que t’importent les défauts d’autrui ? Pense seulement à toi-même. Si les autres ont quelque défaut, ce n’est pour eux ni une joie ni leur désir, mais leur faiblesse. » C’était son idée. Juger quelqu’un pour ses défauts, c’est oublier que nous aussi avons certains défauts.
Pourquoi ce que nous disons maintenant est extrêmement important ? Parce que, comme je vous l’ai déjà dit, si nous arrivons à vivre avec – disons – Sr. C. … il y a des millions de personnes pareilles à elle [on rit], ou avec quelqu’un ayant un autre caractère, comprenez-vous ? Si nous arrivons à trouver le moyen de vivre avec une personne, nous pourrons le faire avec plusieurs millions de personnes semblables à elle. Certes, ce n’est pas assez, et je crains que tout ne finisse par une douleur incurable pour toute l’humanité sur terre.
Il faut que notre esprit embrasse de plus en plus les dimensions universelles de l’être humain dans sa totalité, et pas seulement les problèmes de nos petits travaux quotidiens. Ces petits travaux sont inévitables. Inévitables sont aussi certaines frictions, mais là n’est pas le but de notre vie : notre vie, c’est de devenir, à l’image du Christ, porteurs de sa vision et de saisir le vrai sens du mot « moi ». Comprenez-vous ? Si je ne peux pas porter comme « moi » une petite communauté, comment pourrai-je le faire pour toute l’humanité dans le temps et dans l’espace ? Et c’est cela la vie chrétienne : devenir pareil au Christ, avoir les mêmes mouvements du cœur, les mêmes pensées que le Christ Lui-même, selon Saint Paul (cf. Philippiens 2, 5). Et si nous avons dans notre conscience ce but, les petites frictions, les petits conflits, ne seront même pas perçus, parce qu’on est par tout son être tendu dans ce mouvement. Comprenez-vous ?
Je sais que beaucoup de chrétiens parmi vous, pensent que c’est une grande bénédiction et une grande cause de fierté que d’aller à Jérusalem et de vénérer avec respect et componction, les Lieux Saints de pèlerinage là-bas, à savoir le vivifiant Tombeau du Seigneur, le saint Golgotha, la ville sacrée de Bethléem, et le reste.
Beaucoup d’entre vous voyagent vers des endroits éloignés, sur terre et mer, faisant de grands efforts afin de vénérer pieusement les reliques sacrées de nombreux saints…
En effet, un tel pèlerinage, une telle piété et un tel voyage sont bons et louables. Mais ne devriez-vous pas, frères, avoir sinon une piété plus grande, au moins la même quantité de piété et de révérence, quand vous allez assister aux offices de l’Eglise du Christ, où tous les lieux de pèlerinage trouvés à Jérusalem sont présents symboliquement?
Ne devriez-vous pas montrer la même componction et le même bon ordre et respect lorsque vous assistez à la redoutable Divine Liturgie dans laquelle vous trouvez présente, non pas la relique de tel ou tel saint, mais les Très Vivifiants, Divins et Immaculés Corps et Sang de notre Seigneur Jésus-Christ, le Saint des Saints?
Version française Claude Lopez-Ginisty d’après http://solzemli.wordpress.com/
À quel point les gens font erreur en cherchant le bonheur en dehors d’eux-mêmes : dans des pays étrangers et des voyages, dans la richesse et la célébrité, dans les possessions et les jouissances, dans le plaisir et les choses vides, qui ont pour fin l'amertume! Construire le tour du bonheur en dehors de notre cœur c'est la même chose que construire une maison sur un endroit qui est exposé constamment aux tremblements de terre. Le bonheur se trouve en nous-mêmes, et heureux est celui qui a compris cela... Le bonheur, c'est un cœur pur parce qu'un tel cœur devient l'autel de Dieu. Voici ce que dit le Seigneur de ceux qui ont un cœur pur: « J'habiterai au milieu d'eux et j'y marcherai; Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. » (2 Cor. 6:16). Que peut-il encore leur manquer? Rien, absolument rien! Car dans leurs cœurs ils ont la bonté suprême – Dieu Lui-même !